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Strasbourg hier...
Dans toute vie arrive, tôt ou tard, cette période
inexorable où lhomme se penche sur son passé.
Avec le temps, le passé se bonifie comme le bon vin et à
lheure des bilans, il est bien agréable de le déguster
lentement, à petites gouttes, en le gardant sur le bout de
la langue, de crainte de lengloutir à tout jamais.
A Strasbourg, le promeneur nostalgique néprouve guère
de difficultés à retrouver entre les deux bras de
lIll et jusquau barrage Vauban, le cadre intact des
souvenirs de sa jeunesse. Les ruelles étroites, les toits
pentus, la cathédrale immense, la Maison Kammerzell, les canaux
de la Petite-France et même la protéiforme place Kléber
sont toujours là, témoins immuables de toutes les époques.
Pourtant, quand on y regarde dun peu plus près et
que lon compare la réalité présente avec
les photos jaunies dautrefois, on saperçoit que
finalement rien nest plus comme avant et que les vestiges
même les plus prestigieux semblent différents car leur
environnement et les gens qui laniment ont eux aussi bien
changé. |